Présidentielle et handicap : demandez le programme (partie 2)

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Faisant suite à notre 1er article, nous poursuivons notre analyse des programmes des candidats à la Présidentielle avec les candidats qui actuellement, recueillent moins de 10% des intentions de vote, selon les sondages.

 

Nathalie Arthaud

S’il n’y a pas d’entrée « handicap » dans les propositions de Nathalie Arthaud, on trouve sur son site, au sein de ses propositions sur la santé, une réponse à des courriers reçus portant sur les services à la personne. Elle souhaiterait un service public des services à la personne car elle trouve que l’Etat se décharge de ses obligations sur les collectivités locales et les associations, ce qui conduit à des tarifs calculés au plus juste.

Elle indique qu’elle trouve injuste que les réductions d’impôts en matière d’emploi à domicile profitent aux plus aisés. A noter que cela va changer en 2018 puisque désormais le crédit d’impôt pour emploi à domicile sera universel.

Elle ajoute que cette situation pèse aussi sur les salariés du secteur des services à la personne, souvent des femmes, rémunérées à temps partiel avec des salaires faibles.

 

François Asselineau

Lors de la 1ère parution de notre article, François Asselineau n’avait pas encore mis en ligne son programme pour 2017 et renvoyait vers son programme 2012. Celui-ci ne comprenait aucune mesure concernant le handicap. Cependant, le candidat concluait son programme par une phrase de commisération à l’égard des personnes handicapées : « le Président de la République ira régulièrement à la rencontre des Français de toutes les conditions et notamment de tous ceux qui souffrent le plus : les chômeurs, les exclus et les handicapés. »

 

Depuis, son programme 2017 a été publié et comporte (p.42-43)  quelques déclarations d’intention concernant le handicap qui sont cependant peu précises : « accompagner, former et soutenir financièrement les aidants », garantir « l’accueil dans de bonnes conditions des élèves en situation de handicap respectant l’esprit d’égalité et de fraternité républicaines ». Certaines propositions sont assez curieuses : «pérenniser les allocations en établissant un délai de préavis avant toute réduction d’aide », « accompagner les personnes handicapées grâce aux thérapies médicales, paramédicales et alternatives », « aider les personnes en situation de handicap à se faire aider en rapprochant les informations de leur lieu de vie ».  Mais il propose aussi d’inclure «  les personnes en situation de handicap et les accompagnants à l’élaboration de solutions », ce qui permettrait en effet d’améliorer le programme.

 

Jacques Cheminade

Jacques Cheminade estime que le handicap est une « chance pour la civilisation ». Il détaille de nombreuses propositions pour le handicap. Il estime que « les mesures prises en application de la loi de 2005 sont insuffisantes, financièrement et socialement. »

Pour lui, c’est l’Etat qui devrait assurer la compensation du handicap et c’est pourquoi il estime que le coût de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), supporté en grande partie par les départements, devrait être totalement compensé par l’Etat. Il propose un « doublement de la PCH » dont il dit qu’elle est seulement de 100 € par mois. Sans doute fait-il référence au volet « aide spécifique » de la PCH qui, effectivement, couvre mal les frais qui n’entrent pas dans les autres volets (volets aide humaine, transport, aide techniques, aménagement du logement), tels que les honoraires de praticiens libéraux non remboursés (psychomotricien, psychologue, ergothérapeute, etc.)

Il propose une revalorisation de l’AAH au niveau du SMIC.

Il propose des mesures pour l’insertion professionnelle (aides à l’embauche, télétravail) et des mesures pour l’accessibilité (logement, transport, accessibilité numérique, accès aux études supérieures). Concernant l’éducation, il propose de renforcer les moyens du médico-social et de l’Education Nationale, notamment par la création d’« un corps d’enseignants spécialisés et détachés doit être créé pour porter conseil aux autres enseignants. ».

Il veut plus de places dans les foyers d’accueil médicalisés pour les adultes autistes. Il veut aussi plus de places dans les « foyers » (sic !) pour enfants autistes, ce qui semble témoigner d’une vision de l’autisme assez institutionnelle, peu inclusive et peu tournée vers l’éducatif même si par ailleurs il indique que « la présence d’un enfant handicapé dans une classe n’est pas … un handicap mais un enrichissement pour les autres élèves ».

Il veut faire en sorte que les MDPH assurent leur rôle de conseil et d’accompagnement et pas seulement un rôle administratif.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan a développé plusieurs propositions dédiées au handicap. Concernant l’accessibilité, il propose de définir un agenda (ce qui est a priori déjà ce qui est prévu avec les Ad’Ap), propose des aides pour l’aménagement des véhicules et veut apporter le soutien à l’innovation technologique.

Pour les enfants, il propose de créer des postes d’AVS et d’AESH « en nombre suffisant » (sans dire combien) et de renforcer leur formation. Il veut aussi augmenter le nombre de places en IME et propose des contrôles inopinés pour lutter contre les maltraitances. Il souhaite simplifier les démarches et les dossiers, et augmenter les aides humaines pour pouvoir permettre aux parents de garder leur emploi.

Pour les adultes, il veut favoriser l’insertion et le maintien dans l’emploi : renforcement des incitations à l’embauche, formation, levée des freins liés aux trajets (aménagements de véhicule, covoiturage), meilleure prise en compte du handicap dans le système de retraite.

Il propose une revalorisation de l’AAH de 200 € pour atteindre 1 008 €. Il propose une part fiscale complète pour les familles ayant un enfant handicapé (ce qui est déjà le cas lorsqu’on a un enfant ayant un handicap reconnu à plus de 80%).

Il propose curieusement de « faire en sorte que l’autisme puisse ouvrir des droits auprès de la MDPH et que les éventuelles particularités à la prise en charge se déterminent lors de l’entretien pour définir le projet de vie de l’enfant ». Ceci montre une certaine méconnaissance du système : en général, l’autisme d’un enfant entraîne l’ouverture de certains droits (allocations, aide à la scolarisation, etc). De plus, il n’existe pas d’«entretien pour définir le projet de vie de l’enfant ». Il est très rare d’être reçu par la MDPH et les familles doivent le plus souvent se débrouiller seules pour exprimer leur projet de vie par écrit dans leur dossier.

Il promet néanmoins des mesures de simplification et de renforcement des effectifs pour améliorer le traitement des dossiers par la MDPH et les administrations.

Il promet enfin des mesures pour les aidants : pour leur maintien dans l’emploi et pour préserver leur santé.

 

Jean Lassalle

Nous n’avons trouvé aucune proposition concernant le handicap dans le programme de Jean Lassalle. N’hésitez pas à nous faire savoir si vous avez connaissance de prises de position qu’il aurait eues sur ce sujet.

 

Philippe Poutou

Philippe Poutou propose dans son programme la création d’une nouvelle branche de la Sécurité Sociale pour couvrir le risque de perte d’autonomie liée au handicap ou à l’âge. Il propose également :

  • de garantir le respect du quota d’emploi de 6% (mais sans dire comment)
  • un revenu ou un salaire minimum de 1700€ pour les personnes handicapées
  • la gratuité de tous les frais de santé et d’appareillage
  • un droit effectif à la scolarisation et à un accompagnement, avec les structures et les AVS nécessaires, en les titularisant

 

Mise à jour le 2 avril 2017 à 14h45 : ajout des propositions du programme 2017 de François Asselineau